Né à Épinal, en Lorraine, en 1988, Charles Leval, alias Levalet, a grandi en Guadeloupe où il entre pour la première fois en contact avec l’art urbain local, fortement teinté de la culture Hip Hop et du graffiti américain. À son retour en France, il étudie à l’École d’arts visuels de Strasbourg ; son travail, alors davantage tourné vers la vidéo, se nourrit d’une pratique théâtrale assidue. Si son travail orne déjà les rues où il passe, c’est véritablement en 2012, lors de son arrivée à Paris pour passer l’agrégation d’histoire de l’art, que débute son travail de collage de dessin à l’encre de Chine in situ.

 

Inspirés de l’architecture ou d’éléments du lieu où ils sont collés, les dessins de Levalet mettent en scène des personnages, souvent grandeur nature, dans des situations tantôt drôles, tantôt absurdes, allant jusqu’à laisser une impression d’ironie au spectateur surpris par cette illusion humaine en deux dimensions. D’un réalisme défiant la rationalité, ses personnages sont construits à partir de l’observation de modèles, que Levalet fait poser pour lui dans son atelier, et de photos de proches – quand il ne s’agit pas, comme c’est souvent le cas, d’autoportraits. Quant au choix du lieu, il se fait au hasard de ses pérégrinations ; utilisant un muret, une fissure, une grille d’aération où une sculpture, qu’il intègre à la posture de ses personnages en saynètes vivantes, l’artiste photographie et mesure minutieusement l’endroit sur lequel son choix s’est arrêté pour l’installation d’une œuvre.

 

Essentiellement en noir et blanc, Levalet n’utilise la couleur que pour attirer le regard du passant, tout comme certains objets qu’il insère parfois au gré de ses envies. « J’imagine mes installations directement pour le lieu que j’ai choisi, afin que la juxtaposition d’un élément qui appartient au réel, comme un lampadaire par exemple, et d’un élément représenté, comme un personnage suspendu, crée une certaine ambiguïté visuelle qui confond deux niveaux de réalité », explique le street artist.

 

Professeur d’arts plastiques le jour, artiste urbain la nuit (bien qu’il revendique désormais un travail de jour, afin de se départir de l’image de « travailleur à la sauvette »), Levalet développe un art empreint d’humanisme et de poésie qui nous fait aimer sillonner les rues de Paris, nous réjouit et nous émeut, en faisant un street artist à la contemporanéité comme au talent indiscutable.