Crash, né John Matos dans le Bronx (États-Unis) en 1961, se lance très jeune dans l’aventure du graffiti en colorant, avec d’autres street artists, les wagons du métro new yorkais. S’il a toujours dessiné, c’est pour son jeu de lettrage et sa capacité d’innovation dans le wild style que son talent devient rapidement sans conteste. Affichant son blaze à tous les coins de rue, Crash expérimente matériaux et techniques, développant un style graphique de plus en plus fort et singulier, travaillant tantôt seul, tantôt avec d’autres writers (souvent plus âgés) ou certains crews.

 

S’initiant à un nouveau médium, Crash commence à travailler sur toile, et rejoint en 1979 le Studio Graffiti, qui permettait aux artistes urbains d’alors (comme Futura, Dondi, Daze et Kel) de s’extraire de la rue pour adopter ce support. Il organise, en 1980, l’exposition « Graffiti Art Success for America » à la Fashion MODA dans le South Bronx : cet évènement majeur marque un premier pas vers la légitimation du mouvement graffiti – et Crash, endossant ainsi un rôle de précurseur, de faire le lien entre l’art de la rue et le monde de l’art new yorkais.

 

S’il commence à exposer son travail aux États-Unis au début des années 1980, c’est véritablement son entrée dans la Sidney Janis Gallery en 1983, qui lui consacre une exposition, qui va propulser son nom sur la scène du street art international. L’année suivante, Crash étend son aura sur l’Europe en participant, aux côtés des plus grands artistes urbains de l’époque à l’instar de Basquiat, Keith Haring, Combas, Di Rosa ou Boisrond, à l’exposition « Figuration Libre, 5/5 France U.S.A. » au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Depuis, son travail a intégré les plus prestigieuses collections du monde : du MoMA au Stedelijk Museum, maintes institutions présentent aujourd’hui ses lettrages et portraits colorés. Par ailleurs, le grand public va le découvrir par la campagne publicitaire Peter Stuyvesant qu’il va coproduire avec Keith Haring. Les couleurs flamboyantes alliées à un trait proche du comics vont devenir la principale caractéristique de son travail, dans la filiation du Pop Art, faisant de ses œuvres un pur produit du monde contemporain.

 

À la fin des années 1990, Crash est sollicité par la marque Fender pour customiser une série de guitares offertes au musicien britannique Eric Clapton et qui l’accompagneront durant sa tournée de 2001, exposant, loin des rues du Bronx, les couleurs de Crash. En 2004, lors d’une vente aux enchères Christie’s, la guitare « Crash 3 » sera d’ailleurs adjugée pour la vertigineuse somme 321 100 dollars ! Fort de ce succès retentissant, Fender Musical va commander le design d’une cinquantaine de guitares au street artist américain, qui va alors donner naissance à une collection baptisée : « Crashocasters ». John Matos Crash va, par ailleurs, collaborer avec nombre de grandes marques avides de rajeunir et/ ou dynamiser leur image : Absolut Vodka, Levi’s, Morphik, etc. Des rideaux de fer à l’intérieur des vitrine, Crash prouve ainsi que le street art peut désormais transcender les médiums et outrepasser les genres préétablis, foulant au pied par la popularité de son œuvre bien des préjugés encore vifs.

 

Figure majeure du street art, internationalement reconnu au même titre que Basquiat ou Keith Haring, John Matos Crash est aujourd’hui représenté, à Paris comme à Séoul, par la Galerie Brugier-Rigail et la Galerie Brugier-Rigail Séoul.