Artiste, graffeur et peintre, John Andrew Perello, plus connu sous le nom de JonOne, est né à New York en 1963. Il commence à taguer dans les rues de Harlem à 17 ans, ornant murs et trains de métros de ses lettrages et de son blaze d’alors : « Jon156 » (le numéro de sa rue, qu’il va ensuite abandonner au profit de « JonOne »). « Le métro c’est un musée qui traverse la ville », dit-il, reconnaissant l’influence qu’a eu la découverte des graffs fusant sur les rails et marquant la ville d’une trainée colorée. C’est sa rencontre avec A-One (alias Anthony Clark), ami de Jean-Michel Basquiat, au tournant des années 1980, qui va pour toujours définir son statut d’artiste : « A-One était le lien entre la rue et le monde de l’art. Il voyageait en Europe et revenait avec beaucoup d’argent, simplement grâce à son art. J’écoutais ses récits de voyage et mes yeux brillaient d’envie. À cette époque à New York, j’étais comme beaucoup aujourd’hui : je traînais devant mon immeuble. En ces temps, moi non plus je ne sortais pas de mon quartier. Grâce à A-One, j’ai commencé à visiter des expositions, à nourrir ma vision de ce qui se passait dans ce monde. J’ai commencé à prendre mon travail au sérieux, à ne pas le considérer comme du vandalisme mais simplement comme de l’art. »

 

Il quitte en 1987 les États-Unis pour Paris, après avoir rencontré l’artiste Bando (Philippe Lehman de son vrai nom) qui l’y invite, et où il va sillonner les rues de la capitale en compagnie des pionniers du graffiti et du hip hop français, laissant sa propre marque picturale au gré de leurs descentes. Il rencontre le commissaire-priseur Cornette de Saint-Cyr qui lui propose d’installer son atelier dans l’Hôpital éphémère, un squat établi dans l’hôpital Bretonneau dans les années 1990 où évoluent des artistes renommés comme d’illustres inconnus. Dès lors, JonOne va passer de l’art urbain à la toile, en parfait autodidacte, développant un univers où se mêlent le graffiti et les lettrages, souvenirs de ses années new-yorkaises, mais aussi ce qu’il nomme son « freestyle », peuplé de couleurs et empreint d’une liberté sans borne. Vitalité, maîtrise de la forme et des couleurs, dynamique du geste, expressionnisme abstrait, tout concorde au succès auquel le street artist se prépare. Découvert par agnès b., qui perçoit alors le « travail naissant d’un vrai peintre » et lui achète deux toiles, il se lance dans une série de solo shows et autres expositions personnelles (notamment en France et en Allemagne). Face à sa notoriété grandissante, la maison de ventes ARTCURIAL va mettre aux enchères en 2007 une toile de 1993 intitulée « Balle de Match », vendue pour la somme record de 24 800 euros (ce montant sans précédent dans la carrière de JonOne sera détrôné par d’autres explosions des estimations lors de ventes ultérieures dans cette même maison).

 

JonOne expose et est aujourd’hui collectionné dans le monde entier : de Paris à New York, en passant par Berlin, Tokyo ou Hong Kong, collectionneurs de street art et institutions d’art contemporain, tous veulent arborer une œuvre de l’artiste urbain américain. Qui, par ailleurs, va aussi multiplier les partenariats prestigieux : en 2009, il repeint un Thalys pour le lancement de la ligne en direction d’Amsterdam, et en 2012, il va customiser la Rolls Royce d’Éric Cantona, destinée à une vente aux enchères au profit de la Fondation Abbé Pierre. Il inaugure, en 2015, l’œuvre monumentale « Liberté, Égalité, Fraternité » (300 x 220 cm) entre les murs de l’Assemblée Nationale. L’année suivante a lieu le vol inaugural Paris – New York du Boeing 777 d’Air France aux couleurs de JonOne, et cette même année ce dernier collabore avec la maison Guerlain en revisitant leur flacon aux Abeilles, réalisant 98 pièces uniques. Socialement engagé, il réalise en 2011 une fresque monumentale dans le XVIIIe arrondissement de Paris en hommage à l’Abbé Pierre – œuvre initialement éphémère mais que les autorités locales ont œuvré à préserver depuis.

 

En perpétuelle recherche et remise en question de son travail, « addict » à la peinture, avide de renouvellement, JonOne se pose aujourd’hui comme une figure emblématique et du street art, et de l’art contemporain mondial. À Paris comme à Séoul, ses œuvres sont présentées par la Galerie Brugier-Rigail et la Galerie Brugier-Rigail Séoul.  

 

Retrouvez nos éditions (sérigraphie, lithographie) de JonOne dans l’onglet « éditions » de notre galerie d’art en ligne.