Née à Paris en 1956, Miss. Tic a grandi sur la Butte Montmartre qu’elle habille de ses pochoirs, à l’instar du Marais, de Ménilmontant, de Montorgueil et de la Butte-aux-Cailles dès le milieu des années 1980 (après un séjour aux États-Unis). Abolissant la séparation entre lieu d’exposition et œuvre d’art, elle offre à l’œil attentif du passant les images d’une femme séductrice, à l’air provoquant teinté d’insouciance, assorties de phrases incisives tendant à susciter l’interrogation sur notre société. Le personnage de sorcière railleuse, Miss Tick, sorti du Journal de Mickey, dont elle a pris le pseudonyme, inscrit son travail entre fétichisme et ironie.

 

Plasticienne et poète, parisienne mondaine et excentrique, Miss. Tic est considérée comme un artiste phare de l’art urbain dès la fin des années 1980, alors même que le tag est encore considéré comme une forme de créativité subversive, symbole d’une certaine insécurité aux yeux des autorités (ce qui vaudra d’ailleurs à l’artiste une arrestation pour détérioration de bien en 1997). Sans relâche, elle va inscrire sur tout support des silhouettes féminines présentant une troublantes ressemblance avec leur créatrice, jouant simultanément sur l’intime et le public, avec humour et lucidité.

 

Au tournant des années 2000, Miss. Tic commence à être plébiscité par de grandes marques, de la haute couture (Kenzo) à l’automobile, en passant par la maroquinerie (Louis Vuitton). En 2007, elle entre dans la collection du Victoria and Albert Museum de Londres, et le cinéaste Claude Chabrol lui propose de réaliser l’affiche de son film La Fille coupée en deux. Des timbres inspirés de ses pochoirs sont produits par La Poste en 2011, à l’occasion de la Journée de la Femme, et l’Institut Français de Berlin lui consacre l’exposition Bomb it cette même année. Et en 2013, l’Agglomération de Montpellier choisit l’artiste pour la réalisation du design d’une de ses lignes de tramway.

 

Depuis une trentaine d’années, la renommée internationale de l’artiste lui offre la possibilité de se partager entre expositions personnelles et collectives, entre commandes d’entreprises et d’institutions, sans pour autant délaisser ses premières amours : celles pour le pochoir offert à la rue, le street art à l’état brut. Entre œuvres pérennes et prestations éphémères, Miss. Tic n’a de cesse, aujourd’hui encore, d’affirmer sa place d’actrice majeure du monde de l’art urbain.