Nasty

Nasty est un véritable artiste urbain, un produit de sa ville. Il a recouvert tous les supports possibles de Paris, des sous-sols du métro aux toits des immeubles.
Quand les galeries l’ont « sorti » de la rue, il a voulu en garder un morceau. Trop attaché aux origines du graffiti et désireux de se distinguer dans un milieu encore méfiant du mouvement qu’on appelle aujourd’hui Street Art, il s‘empare des plaques émaillées du métro et les utilise comme des toiles. Pari réussi, les plaques RATP deviendront sa marque de fabrique. Puis il peint sur les plans du métro, eux aussi symboles du graffiti, et en 2009 il réussit encore à créer l’enthousiasme en utilisant comme support la céramique originale des couloirs du métro.

Aujourd’hui, il continue de contribuer à ce mouvement si controversé en exploitant le symbole des street artists par excellence : la bombe aérosol. Des centaines de reliques «vintage» qu’il a gardées, accumulées, préservées et sauvées de l’oubli depuis plus de 25 ans. Autant de carcasses vides qu’il détourne à nouveau pour en faire un matériau original et surprenant.
C’est cet acharnement à toujours refuser les supports traditionnels qui font de Nasty un artiste original et inattendu, mais quoi de surprenant venant d’un activiste qui ne sort pas des beaux-arts. Sa démarche est peut-être la réponse à tous ceux qui pensaient que le graffiti appartenait à la rue et n’avait pas sa place sur les cimaises des musées ou des galeries.
C‘est aussi sa démarche de garder à l ‘esprit et mettre en avant le fait que le street art (dont tout le monde se revendique) doit tout au graffiti si longtemps resté dans l ‘ombre, supportant la critique et exécuté sans aucune attente de reconnaissance (ou alors toute relative) ni démarche pécuniaire.
Nasty a offert son art à la ville et au petit nombre d‘amateurs qui prenaient la peine d’escalader un mur ou de glisser un œil entre deux palissades de chantier il y a plus de 25 ans. Avec ses dernières expositions en 2016, il montre à nouveau son attachement au graffiti plus qu’au street art.

Figure incontournable du street art depuis 1988, il s‘est distingué en recouvrant les rames de métro de fresques colorées jusqu’au milieu des années 90. De nombreuses institutions ont mis son travail en avant comme le Grand Palais ou le Musée en Herbe.

Son parcours a été retracé dans un livre édité aux éditions Alternatives : «Nasty & Slice, artistes en cavale», et en 2009 la chaîne Arte lui a consacré un reportage de 26 minutes dans « l’Art et la Manière ».